Construction d’un data center au petit Landau : le chaudron se mobilise
Le collectif « ia pas moyen » nous alerté récemment :

Microsoft envisage de créer un data center gigantesque à Petit Landau pas loin de Mulhouse.
L’enquête publique (EP) concernant ce projet a cours jusqu’au 3 juillet à 11h.
Nous vous invitons à participer à cette enquête.
Les conclusions émises par les commissaires enquêteurs, sont certes rarement suivies par l’Etat. Un avis négatif du commissaire enquêteur, toujours possible, ne manquerait sans doute pas de freiner le projet et de remettre certains aspects du projet en question. Etre nombreux.ses à participer à cette enquête est souhaitable.
Ci dessous le texte rédigé par le chaudron :
– pour votre information
– pour vos aider aussi individuellement à formuler des arguments contre le projet
Comment procéder ?
– Via le lien suivant vous pouvez accéder à l’EP : https://www.registre-numerique.fr/centre-donnee-petitlandau-hombourg
– Sur cette page prenez connaissance des caractéristiques du projet et allez au paragraphe »Moyens de participation » pour accéder en ligne à la section de dépôt des avis ou, 2e possibilité, récupérer l’adresse mail à utiliser pour envoyer vos observations.
– Utiliser 2/3 arguments pour vous prononcer en puisant dans mon texte, ou dans le memento d’Alsace Nature ici : https://alsacenature.org/amenagement-du-territoire/non-au-data-center-de-petit-landau/
– Vous pouvez aussi consulter les contributions en ligne et vous en inspirer
Précaution :
– Signez votre contribution en mettant impérativement à la fin de votre texte : »Pour ces raisons j’émets un avis négatif concernant le projet du data center à Petit Landau »
– Ne faites pas un copié collé des arguments que vous utiliserez. Reformulez le propos et vos arguments dans votre style personnel.
Monsieur ou madame le/la commissaire enquêteur.
Je vous prie de prendre en compte les observations que le collectif alsacien Le Chaudron des alternatives vous adresse au sujet du projet de construction d’un centre de données à Petit Landau.
Les centres de données sont des ogres énergétiques et hydriques. Ils pourraient engloutir 664 milliards de litres d’eau par an d’ici 2030, contre 239 milliards en 2024. Dans certaines régions américaines – pays où il déjà possible de tirer des enseignements de l’implantation de Datacenter – les prix de l’électricité ont bondi de 267% en cinq ans, un surcoût répercuté sur les ménages.
Le prix de l’eau bondit parallèlement.
La tendance sera forcément la même chez nous en France et à Petit Landau, renforcée par une production énergétique d’origine nucléaire de plus en plus à la peine pour des raisons de refroidissement dégradé des centrales par forte chaleur (ralentissement et fermeture d’unité de production). Nous y sommes à l’heure de cette enquête publique.–
Les sécheresses de plus en plus fréquentes et d’une gravité croissante ont un impact considérable sur les conditions de vie locale. Les deux canicules de mai et de juin que nous subissons sont une preuve de la multiplication et l’intensification progressive des sécheresses en France et du dérèglement climatique. Faut il encore le répéter ? Ceux-ci affecteront gravement les conditions d’usage domestique de l’eau. Sa raréfaction va accroitre considérablement le stress hydrique des sols, des êtres vivants humains, non humains et de tous les végétaux.
On rapprochera de cela la chute catastrophique de la biodiversité déjà largement en cours et soigneusement documentée par l’IPBS.
Et n’omettons pas de rappeler aussi que la plus grande nappe phréatique d’Europe, qui se trouve sous nos pieds, sera massivement contaminée à une échéance plus ou moins proche par les déchets toxiques ultimes stockés définitivement à Stocamine.
De quelle eau potable disposerons nous à brève échéance ? En particulier quand, en période de sécheresse, cette consommation d’eau par le data center entrera en concurrence avec l’agriculture, l’eau potable de consommation domestique et les milieux aquatiques.
Le data center sera t’il d’ailleurs lui même en capacité de fonctionner si les réserves d’eau venaient à devenir insuffisante ? Sa construction est elle justifiée dès lors ?
Actuellement 30% du sud de l’Europe se trouve déjà en situation de stress hydrique permanent. Le Cloud and AI Development Act de la Commission européenne entend conditionner les permis de construire à des critères stricts d’efficacité énergétique et de gestion de l’eau.
Il nous semble impératif d’anticiper cette directive prochaine en imposant à Microsoft une transparence et des chiffrages exhaustifs et précis concernant le projet.
Cette condition n’est pas satisfaite à la lecture des informations publiées par Microsoft pour l’enquête publique.
Nous demandons par conséquent un chiffrage des plus précis concernant la consommation d’eau à venir requise par cette unité gigantesque. Des structures de dimension comparables existent, en particulier aux USA. Préciser avec rigueur et fiabilité les données de consommation d’eau est donc objectivable.
Nous n’avons repéré aucune donnée précise dans les documents mis à disposition pour l’enquête.
Relevons enfin les impacts thermiques et chimiques des rejets d’eaux tièdes ou traitées dans les cours d’eau, et plus généralement dans les milieux naturels. Quelle est leur nature ? Nous souhaitons que cela soit exigé dans le rapport définitif et les conclusions de l’enquête publique.
Pour cette enquête publique la documentation est très peu accessible et lisible pour le grand public qui souhaite y participer ; trop technico-administrative et absconde pour tout un chacun, et de fait inappropriée pour permettre aux citoyens non spécialisés de se faire un avis satisfaisant sur le projet et ses nuisances.
Le projet fait manifestement l’objet de montages complexes qui ne sont pas compréhensibles par le public.
Est-ce acceptable ? Non !
De surcroit trop de clauses de confidentialité existent dans les documents mis à disposition du public, pour qui il est dès lors à nouveau impossible d’être éclairé honnêtement.
Aucune réunion ni consultation publique n’ont par ailleurs eu lieu à ce jour. Comment considérer qu’il ne s’agit pas là d’un mépris absolu de la part des décideurs publics et politiques qui valident ou promeuvent ce projet.
Ce déni de démocratie insupportable fait perdre toute crédibilité à la caste des gens de pouvoir qui nous gouvernent.
Un projet d’une telle dimension pourrait faire, pourquoi pas, l’objet d’un référendum, à minima auprès de la population de la communauté de commune concernée.
Aussi un moratoire concernant le projet de Petit Landau est pour nous impératif, pour une étude plus approfondie du projet et de ses conséquences.
Notons pour illustrer cette situation qu’aux USA les réactions politiques se multiplient puisque 86 moratoires locaux dans 35 États sont en cours. New York vient aussi d’ailleurs de rejoindre cette liste, ajoutant sa voix à un mouvement qui gagne en ampleur.
70% des Américains s’opposent désormais à la construction d’un Datacenter à proximité de leur domicile, dont 48% y sont fermement hostiles. (Sources : sondage de l’organisation Gallup publié le 13 mai 2026 – sondage Ipsos 2025 – U.S. Data Center Moratorium Tracker – The guardian.com)
Une nouvelle fois ce projet, tel qu’il se prépare et se conduit, va donner lieu à des tensions entre des décideurs et promoteurs aux pleins pouvoirs, et des citoyens qui subissent le dictat et l’absence d’écoute des élus locaux et des représentants de l’Etat.
Une opposition citoyenne au projet est en cours, elle est justifiée par la colère qu’impose ce déni de démocratie constitué.
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Autres nuisances et critiques au projet :
– les data center fonctionnent 24h/24 avec le ronronnement continu des systèmes de ventilation et leurs vibrations basses fréquences. C’est un fait avéré et documenté, et à ce titre il doit être pris en compte avec rigueur dans notre situation.
– le data center de petit Landau sera réalisé avec une emprises au sol gigantesque d’environ 70 hectares, sur des terrains agricoles en culture conventionnelle, et en culture biologique. De fait cela entraînera l’artificialisation d’une surface considérable de sols et la perte de terres non encore anthropisées. « Sur la décennie précédente, 24 000 hectares d’espaces naturels, agricoles et forestiers ont été consommés chaque année en moyenne en France, soit près de 5 terrains de football par heure » (source : ministère de l’écologie). Il s’agit bel et bien d’une prédation criminelle de nos biens communs.
– une nouvelle fragmentation des habitats d’animaux se trouvant sur la zone, et la perte de services éco systémiques, aura lieu (rétention d’eau, pollinisation, microclimat). Il est criminel aujourd’hui de se passer de leurs bénéfices,
– Des îlots de chaleur dégraderont localement la qualité de vie des riverains proches. Cette chaleur locale se cumulera fréquemment avec les températures extrêmes que nous subissons déjà, rendant la vie des habitants insupportable
– Quid de l’empreinte matérielle du projet : de la quantité de béton utilisée ? D’acier ? De câblage ? De batteries ? D’équipements gourmands en métaux critiques (cuivre, terres rares) ? Ce projet alourdit considérablement l’empreinte carbone et génère des déchets électroniques difficilement recyclables. Nous demandons une évaluation rigoureuse de cette empreinte. De nombreuses entreprises la produisent préalablement à leur installation. Microsoft doit par conséquent s’y contraindre aussi et ne pas se limiter à des approximations comme celles présentées dans ses documents.
– Nous exigeons que soient dévoilés aussi les cheminements, destinations et caractéristiques des données circulantes et stockées par Microsoft. Quelles informations et bases de données provenant d’entreprises ou d’administrations françaises seront collectés et stockés et par Microsoft ?
– L’emploi et les retombées locales sont totalement dérisoires au regard de la dimension du projet et à ses nuisances. De quelques dizaines à une centaine d’emplois dans notre cas. Précisons que les compétences professionnelles nécessaires ne se trouveront pas nécessairement sur le territoire proche.
Pour l’ensemble de ses raisons notre collectif exprime ici un AVIS NÉGATIF CONCERNANT LE PROJET DE DATACENTER À PETIT LANDAU
Le chaudron des alternatives
Il y a une friche industrielle réhabilitable de 55 hectares a burnhaupt-le-haut, qui fait partie de « clés en main France 2030 » du gouvernement…alors pourquoi détruire une nature où vivent des espèces protégées, des terres agricoles dont bio , des grands arbres, près d’une zone natura 2000, sur une nappe phréatique , entre deux petits villages qui ont du mal à faire le poids contre les milliards de Microsoft dont les data center assèchent des zones entières aux USA….NON A LA DESTRUCTION D’UNE ZONE NATURELLE, UTILISEZ DES ZONES DÉJÀ BÉTONNÉES ET RÉHABILITABLE.