Un article du Monde qui présente la dynastie Mack, évoque largement Europa park et les ambitions de la Famille d’entrepreneurs allemands. 

Un article du Monde qui présente la dynastie Mack, évoque largement Europa park et les ambitions de la Famille d’entrepreneurs allemands.  : Image à la une
Un article du Monde qui présente la dynastie Mack, évoque largement Europa park et les ambitions de la Famille d’entrepreneurs allemands.  : Image à la une

« Développement à tout-va, et business as usual« 

Est aussi évoqué l’opposition que nous formons vis à vis des intentions d’expansion (Europa Vallée) de l’entreprise dans le ried de Diebolsheim. Les intentions sont claires : « On aimerait faire une sorte de Center Parcs, ancré dans la nature. Nous manquons de chambres à Europa-Park. Pour le moment, nous attendons un signal, un soutien local pour nous lancer », explique Michael Mack.

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Par Jessica Gourdon (Rust [Allemagne]) Publié le 05 avril 2026 à 05h30 – Temps de Lecture 4 min.

Alors que ce parc, proche de la frontière française, annonce avoir battu des records de fréquentation, la famille
Mack poursuit son expansion tous azimuts : audiovisuel, restauration, vignobles, et un projet contesté de
complexe hôtelier en Alsace.

On s’attendait à des cris d’effroi. Mais, ce jour-là, à bord du Voltron Nevera, la montagne russe la plus extrême d’Europa-Park, les visages semblaient placides. La pente de propulsion à 105 degrés, les sept inversions du parcours, les pics à 100 kilomètres-heure ont-ils un effet tétanisant ? Il faut dire qu’à bord les passagers ne sont pas là en famille ou entre amis, mais entre collègues. En cette fin de mars, le parc d’attractions de Rust, dans le Bade-Wurtemberg, en Allemagne, était privatisé pour la semaine par le
CloudFest, un grand raout du monde des télécoms, qui organisait au milieu des manèges un salon, des conférences et un absurde championnat du monde de lancer de serveurs.
Combien ce congrès, qui revendique 10 000 participants et des tickets à 500 euros par personne, va-t-il rapporter à Europa-Park ? La société allemande est très discrète sur ses chiffres. Mais l’accueil de ce type d’événement « business » fait partie de la stratégie de diversification de la famille Mack, propriétaire de ce parc d’attractions. Elle a même inventé un mot pour qualifier son offre à destination des entreprises qui veulent cajoler leurs salariés grands enfants : le « confertainment », contraction de conférence et
entertainment (« divertissement »).
Se diversifier tous azimuts, telle est la route empruntée par cette dynastie d’ingénieurs et de commerçants allemands, aux commandes d’un petit empire des loisirs et du divertissement – leur chiffre d’affaires annuel atteignait 397 millions d’euros en 2023, le dernier disponible. Un ovni dans un monde très concurrentiel, où ses principaux rivaux (Disneyland, Parc Astérix, PortAventura…) appartiennent tous à des grands groupes, des sociétés cotées ou des fonds, avec d’énormes capacités d’investissement. Et c’est
compter sans l’ouverture, dans cinq ans, au Royaume-Uni, du premier parc Universal d’Europe.

Légende familiale

Alors que la huitième génération arrive aux commandes, les Mack savent exploiter la légende familiale, rappelant leurs débuts en 1780 comme fabricants de charrettes, d’orgues et de manèges de fête foraine dans un village de la Forêt-Noire. Le tournant majeur se produit au début des années 1970 : Roland Mack et son père découvrent le parc Disneyland, aux Etats-Unis, et décident de se lancer dans cette aventure, qu’ils conçoivent comme une vitrine pour présenter leurs attractions. Europa-Park ouvre
en 1975.
Cinquante ans plus tard, il revendique 6 millions de visiteurs, ce qui en fait le second parc de loisirs du continent, derrière Disneyland Paris. Sa marque de fabrique, ce sont les montagnes russes : le parc en compte 14. A cela s’ajoutent une cinquantaine de manèges pour tous les âges et des spectacles : cirque, comédie musicale, concerts…
Parmi les adeptes figurent de nombreux Français – ils constituent 20 % des visiteurs, essentiellement issus de la région Grand-Est. Il faut dire que Strasbourg n’est qu’à une poignée de kilomètres. Le parc dispose aussi d’une gare, Ringsheim-Europa-Park, reliée par TGV à Paris.

Fabricant de manèges vendus partout dans le monde, exploitant d’un parc d’attractions… Récemment, les Mack ont poussé plus loin la diversification. En 2019, ils ont ouvert un second site, Rulantica (1 million de visiteurs en 2025), un vaste parc aquatique en intérieur et en extérieur, situé juste à côté. Une stratégie dite « de la deuxième porte », mise en place aussi par Disneyland ou le Futuroscope, qui permet à ces parcs de prolonger les séjours sur place, de remplir leurs hôtels – Europa-Park en possède sept. La famille a aussi racheté un domaine viticole en Alsace, le Château Ollwiller, et a ouvert à côté du parc un restaurant gastronomique, l’Ammolite, qui a deux étoiles au guide Michelin. Dans un contexte de baisse démographique, il s’agit d’attirer vers le parc des personnes âgées, des couples sans enfant… Façon Disney, les Mack mettent aussi un pied dans la production de films d’animation – leur long-métrage Super Grand Prix, sorti en France à l’automne 2025, met en scène les mascottes du parc.
La diversification passe aussi par la diplomatie et le sponsoring, dans un parc où de multiples pays européens sont représentés par une zone thématique. Cette année, la nouveauté mise en avant est la création d’une zone Monaco, où sont exposées trois voitures de collection du prince. Aussi les montagnes russes Silver Star sont-elles désormais sponsorisées par la principauté – jusque-là, c’était Mercedes-Benz qui avait posé son macaron sur cette attraction. Combien la principauté a-t-elle payé pour ce miniquartier à Europa-Park ? « Nous n’aimons pas parler d’argent à Monaco », déclare en souriant le directeur du tourisme de la ville-Etat, venu pour l’inauguration.

Une conjoncture difficile

D’autres projets sont en cours. Le plus polémique se situe en Alsace : la famille souhaite bâtir un complexe hôtelier en pleine nature près de Diebolsheim (Bas-Rhin), baptisé Europa Vallée, à quelques kilomètres à vol d’oiseau d’Europa-Park. « On aimerait faire une sorte de Center Parcs, ancré dans la nature. Nous manquons de chambres à Europa- Park. Pour le moment, nous attendons un signal, un soutien local pour nous lancer », explique Michael Mack.
Le média en ligne Rue89 Strasbourg dresse le compte rendu d’une réunion qui s’est tenue à l’été 2025 entre les Mack, des agents de l’Etat et les élus : il est question d’un site créé sur 56 hectares avec un lac, de l’hôtellerie, des bungalows, une piscine, diverses activités… Même si quelques centaines d’emplois sont à la clé, le projet est d’ores et déjà clivant. Un collectif s’est constitué pour s’y opposer et dénonce l’artificialisation d’une zone naturelle, l’impact sur le trafic routier, le manque de consultation des habitants.
Une situation délicate qui se double d’une conjoncture difficile. Si Europa-Park revendique, pour l’année 2025, un record de fréquentation, les tensions sur le pouvoir d’achat et la géopolitique obscurcissent les perspectives pour 2026, dans un parc où l’entrée coûte 67 euros (pour un adulte). « Les gens se calment un peu plus sur les dépenses ces temps-ci », reconnaît Michael Mack, l’un des fils du patriarche, qui tient à ajouter que, contrairement à Disneyland, « on peut amener son pique-nique dans le parc » – une manière de limiter les dépenses sur place. Comme un écho à son passé de marchand de roulottes, la famille Mack a ouvert sur son site un village de tipis et un camping qui se remplit de tentes et caravanes presque toute l’année.

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